BREXITNo Deal?

En juin 2016, une faible majorité de la population britannique s’est prononcée en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La sortie aurait dû avoir lieu jusqu’au 29 mars 2019. Mais les Britanniques sont toutefois toujours dans l’UE. Pourquoi ? Bienvenue dans le chaos du Brexit !

Tu es un peu perdu(e) ? Tu n’es pas la seule / le seul… Nous pouvons t’aider à comprendre ce qu’il se passe.

 

La situation actuelle

Les élections parlementaires ont eu lieu le 12 décembre 2019 au Royaume-Uni. Lors de ces élections, l’actuel Premier ministre Boris Johnson et son parti conservateur ont obtenu (Tories) une nette majorité au Parlement. Sur un total de 650 sièges au Parlement, le parti conservateur a remporté 364.

Le slogan de Johnson lors de sa campagne électorale était « Get Brexit Done ». Le Brexit devait donc enfin être mis en application. Tous les candidats du parti conservateur s’étant présenté aux élections parlementaires devaient confirmer par écrit qu’ils voteraient pour l’accord de sortie avec l’UE de Johnson s’il était élu.

Le 20 décembre 2019, la Chambre des communes a approuvé la démission de Boris Johnson du Parlement britannique. Si la Chambre des Lords approuve également le traité de démission, les Britanniques quitteront l’UE d’ici le 31 janvier 2020.

Toutefois, le Brexit n’est pas encore tout à fait terminé. En effet, le Royaume-Uni et l’UE devront négocier un accord de libre-échange après le Brexit. Le Royaume-Uni et l’UE ne sont néanmoins pas encore d’accord à ce sujet. Le Brexit est donc certainement presque terminé, mais les discussions vont continuer.

La grande chronologie du Brexit 

Les Britanniques ont rejoint l’UE le 1er janvier 1973. Les Britanniques ont toujours été intéressés à une collaboration commerciale avec les Etats européens. Cependant, ils voyaient d’un œil critique la collaboration politique de plus en plus forte et ont toujours négocié pour bénéficier d’un traitement différent. Ainsi, les Britanniques ont toujours la livre sterling comme monnaie et non la devise commune de l’Union européenne, l’euro, et ils ne font pas partie de l’espace Schengen.

 

Mai 2015 : la promesse de David Cameron

Il y a donc toujours eu des voix critiquant l’UE au Royaume-Uni. Cette discussion critique envers l’UE pris une nouvelle dimension, notamment lors des élections européennes du 22 mai 2014, lorsque le United Kingdom Independence Party (UKIP), critique envers l’UE, a étonnamment remporté les élections devant les partis établis (Tories et Labour). C’est entre autres pour cette raison que l’ancien Premier ministre David Cameron annonce que, s’il gagne les élections en 2015, la population pourra voter sur les futures relations avec l’UE. David Camera remporte les élections avec son parti conservateur (Tories), tient sa promesse et organise un référendum sur la sortie de l’UE le 23 juin 2016. David Cameron se bat lui-même contre le Brexit dans sa campagne électorale et souhaite donc rester dans l’UE. Avec le référendum, il souhaite couper l’herbe sous le pied des sceptiques de l’UE de plus en plus forts, même au sein de son propre parti conservateur.

 

Juin 2016 : le référendum du Brexit

La campagne électorale précédant le Brexit est livrée de manière très émotionnelle par les opposants et les partisans. Le 16 juin 2016, 51,89 % des Britanniques votent finalement pour le Brexit, c’est-à-dire pour la sortie de l’UE. David Cameron démissionne de son poste de Premier ministre et Theresa May (aussi Tories) le succède.

 

29 mars 2017 : lettre de sortie à l’UE

Le 29 mars 2017, le gouvernement envoie une lettre de notification officielle à l’Union européenne. Le Royaume-Uni a donc officiellement annoncé à l’UE son souhait de sortir de l’UE. Les accords de l’UE prévoient que des négociations de sortie auront lieu durant les deux années suivant la lettre de notification. Exactement deux ans après la lettre officielle de notification, le pays doit donc sortir de l’UE. Une date exacte est donc fixée pour le Brexit : le 29 mars 2019.

 

Juin 2017 : réélections

Avant que les négociations de sortie ne commencent, Theresa May veut obtenir un large soutien de la population et annonce de nouvelles élections pour le 8 juin 2017. Même si elle dispose déjà d’une majorité au Parlement, elle souhaite l’augmenter et renforcer ainsi sa position dans les négociations. Toutefois, Theresa May s’est également trompée et son parti conservateur (Tories) perd la majorité au Parlement. Theresa May s’affaiblit donc elle-même avec les nouvelles élections.

 

Juillet 2017 à novembre 2018 : négociations sur l’accord de sortie

Les membres de l’UE doivent respecter de nombreuses règles communes et doivent collaborer dans un grand nombre de domaines. Si un pays sort de l’UE, ses relations après sa sortie doivent donc être négociées. Des négociations sont donc nécessaires et les deux partis doivent s’entendre à la fin en signant un accord de sortie. Les négociations de sortie entre l’UE et le Royaume-Uni comportent deux points importants :

  • Les Britanniques souhaitent poursuivre leur étroite collaboration commerciale et avoir accès au marché intérieur européen. L’UE souhaite la même chose, mais qu’à la condition que les Britanniques continuent à respecter certaines règles de base du marché intérieur européen. Les Britanniques ne sont toutefois pas d’accord avec toutes ces règles. La difficulté est de trouver une réponse commune à ces questions.
  • Le deuxième point de friction est la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Toutes deux se trouvent sur l’île irlandaise : l’Irlande est un État indépendant et est membre de l’UE. L’Irlande du Nord fait quant à elle partie du Royaume-Uni et quittera donc l’UE avec le Brexit. Des conflits violents ont eu lieu entre les deux pays jusque dans les années 1990, mais la paix règne à présent. S’il devait y avoir à nouveau une frontière stricte (par exemple avec des contrôles aux frontières) entre les deux pays en raison de la sortie de l’Irlande du Nord de l’UE, le conflit pourrait éclater à nouveau. L’accord de sortie doit donc dans la mesure du possible trouver une solution sans frontière stricte sur l’île irlandaise. Mettre en place de telles dispositions est tout sauf simple.

Malgré les nombreuses discussions, l’UE et le gouvernement britannique conviennent d’un accord de sortie. L’UE accepte ce dernier en novembre 2018.

 

De janvier à juin 2019 – les défaites de Theresa May : le chaos du Brexit, 1e partie

L’UE a approuvé l’accord de sortie, le Parlement britannique doit à présent également être d’accord avec ce dernier. C’est ici que commence le véritable chaos du Brexit.

Le Parlement refuse trois fois l’accord de sortie

Le 15 mai 2019, le Parlement britannique vote pour la première fois sur l’accord de sortie proposé et le refuse catégoriquement à 432 voix contre 202. Le résultat montre que plus de 100 députés du parti conservateur de Theresa May votent également contre elle. En mars, le Parlement vote une deuxième et une troisième fois sur l’accord de sortie et exprime son refus deux fois.

Premier report de la date du Brexit

Peu de temps après, le Parlement vote sur un report du Brexit. Theresa May doit demander à l’UE de reporter la date du Brexit du 29 mars au 30 juin. C’est ce qu’elle fait, et l’UE est d’accord de reporter la date, toutefois seulement jusqu’au 12 avril. Le Brexit est reporté pour la première fois.

Deuxième report de la date du Brexit

Theresa May propose à sa fraction de se retirer de son poste de Premier ministre si la fraction vote en faveur de l’accord de sortie. Sa tentative reste sans succès : le Parlement refuse une nouvelle fois l’accord de sortie. Comme une sortie ne semble plus possible jusqu’au 12 avril, Theresa May demande un nouveau report de la date de sortie. L’UE accepte une nouvelle fois. Le Royaume-Uni doit toutefois participer aux élections européennes en mai. Lors des élections européennes, le Parlement européen est élu. Chaque État membre de l’UE élit un certain nombre de députés au Parlement européen. Le Royaume-Uni doit donc en faire de même. Comme le Brexit est retardé, le Royaume-Uni doit également fournir des député durant la nouvelle période d’élection.

Theresa May approuve cette participation en espérant pouvoir mettre en place le Brexit avant les élections et annuler ces élections. Le Brexit est reporté une seconde fois, au 31 octobre 2019.

Départ de Theresa May

Le Brexit n’a pas lieu avant les élections européennes. Peu de temps avant les élections, Theresa May démissionne de son poste de Premier ministre et de présidente du parti conservateur.

 

De janvier à octobre 2019 – Boris Johnson : le chaos du Brexit, 2e partie

Le 23 juillet 2019, Boris Johnson est élu comme nouveau président du parti conservateur et devient ainsi également le nouveau Premier ministre. Boris Johnson est un ancien maire de Londres, menait la campagne référendaire en faveur du Brexit et était ministre des affaires étrangères pendant quelques mois dans le gouvernement de Theresa May. Johnson souhaite mettre en place le Brexit dans tous les cas jusqu’au 31 octobre 2019, si nécessaire également sans accord de sortie, c’est-à-dire un « Hard Brexit ».

Hard Brexit ?

Avec un Hard Brexit, le Royaume-Uni quitterait l’UE sans accord. Boris Johnson déclare que l’UE n’est pas prête à négocier un bon accord avec le Royaume-Uni. Le Hard Brexit met toutefois l’UE sous pression pour qu’elle cède au Royaume-Uni. En effet, l’UE a également un intérêt à des relations réglementées. Le camp adverse souhaite néanmoins empêcher à tout prix le Hard Brexit. Ce dernier estime qu’un Hard Brexit engendrerait un gigantesque chaos car plus rien ne serait réglementé du jour au lendemain. Ceci nuirait à l’économie et à la population. Le Brexit devra donc être mis en place que lorsqu’un accord aura été négocié. Si nécessaire, des compromis doivent également être faits.

Congé forcé pour le Parlement – diverses défaites pour Boris Johnson

En fin août, Boris Johnson annonce un congé forcé pour le Parlement britannique de mi-septembre à mi-octobre. Boris Johnson argumente qu’une telle mise en congé est tout à fait habituelle lors des congrès des partis britanniques. Les opposants critiquent toutefois le fait que, premièrement, un tel congé forcé n’est généralement pas si long et, deuxièmement, que Boris Johnson souhaite uniquement faire taire le Parlement. Ainsi, il ne peut plus mettre des bâtons dans les roues de ses plans pour le Brexit.

Peu de temps avant le congé forcé, le Parlement adopte toutefois une loi devant éviter un Hard Brexit. La loi stipule que le Royaume-Uni ne peut pas sortir de l’UE sans accord. Si le Parlement britannique n’accepte aucun accord de sortie jusqu’à la date actuelle du Brexit, le 31 octobre, Boris Johnson doit demander à l’UE une prolongation jusqu’au 31 janvier 2020. Boris Johnson annonce qu’il préfère « être mort au fond d’un fossé » que de faire cela et souhaite des réélections le 15 octobre. Toutefois, le Parlement refuse. Il expulse donc de la fraction plus de 20 députés ayant voté contre lui. Boris Johnson n’a définitivement plus la majorité au Parlement.

Il subit une nouvelle défaite le 24 septembre : la Cour suprême britannique annule le congé forcé pour le Parlement. La décision de Boris Johnson serait en effet illégitime car il a tenté d’outrepasser le droit constitutionnel de parole du Parlement. Le Parlement reprend son travail.

Troisième report de la date du Brexit et réélections

En octobre, Boris Johnson parvient à négocier un nouvel accord de sortie avec l’UE. Toutefois, ce dernier échoue au Parlement. Malgré la déclaration antérieure de Boris Johnson selon laquelle il ne demanderait certainement pas un report du Brexit à l’UE et qu’il préférerait aller en prison, il en propose finalement un à l’UE. L’UE accepte et la date du Brexit est une troisième fois reportée, cette fois-ci au 31 janvier 2020.